La fellation est une pratique sexuelle répandue, en augmentation depuis l’arrivée du sida dans les années 1980. Tout ce qu’il faut savoir sur les risques de transmission du VIH et les moyens de prévention à adopter dans ce cadre dans la suite de notre article.
Modes de transmission du VIH
Le VIH, virus de l’immunodéficience humaine, est communément appelé sida mais c’est un abus de langage car le sida correspond en réalité à un stade clinique tardif de la maladie.
Son arrivée dans les années 1980 est à l’origine d’une diminution des rapports génitaux-génitaux et d’une augmentation des rapports oro-génitaux tels que la fellation ou le cunnilingus, même si ces pratiques existent depuis des lustres.
Le VIH est une infection sexuellement transmissible (IST), transmis par voie sanguine, sexuelle, materno-fœtale et lors de l’allaitement :
- Le virus est retrouvé dans le sang, et dans les liquides corporels : lait, sperme, sécrétions vaginales, liquide séminal, salive.
- Le VIH se transmet alors par contact des liquides corporels avec la muqueuse. La salive ne contient que des fragments du virus et inhiberait sa réplication, de sorte qu’elle ne transmet pas la maladie.
Risque de transmission du VIH propre à la fellation
Le risque de transmission du VIH par la fellation est théoriquement faible, mais il n’est pas nul ! Selon certaines études, le risque de transmission du VIH en cas de rapport oral actif (fellateur) est d’environ < 0,01 % et en cas de rapport oral passif il est < 0,005 %.
Le risque est corrélé à la quantité de virus dans les sécrétions génitales, elle-même fonction de la charge virale sanguine.La fellation protégée est beaucoup moins à risque que les relations génito-génitales pour les transmissions d’IST.
Le risque de transmission augmente dans certains cas :
- lésion ou inflammation muqueuse labiale ou buccale préexistante (ulcère, gingivite, petite plaie, abcès, bouton de fièvre sur la lèvre), tabagisme ;
- infection associée par une IST (HPV, herpès, gonocoque et chlamydia, syphilis) ;
- contact prolongé de la muqueuse buccale avec le sperme.
Le risque augmente bien évidemment en cas de rapport oro-génital non protégé et en cas de contexte collectif (partenaires multiples). En cas de partenaire séropositif pour le VIH, le risque diminue lorsque la charge virale est indétectable depuis au moins 6 mois, mais il n’est pas nul.
Fellation : diminuer au maximum le risque de transmission
Afin de limiter le risque de transmission du VIH, il existe des moyens de prévention :
- utiliser un préservatif si le statut sérologique du partenaire n’est pas connu, ou si le partenaire est séropositif ;
- limiter autant que possible le contact entre la bouche et les liquides corporels : retrait avant éjaculation, ou ne pas garder le sperme en bouche ni l’avaler ;
- le fellateur doit s’assurer de ne pas avoir de lésion au niveau de la muqueuse labiale ou buccale ; il lui est conseillé d’éviter, avant et après le rapport : les bains de bouche alcoolisés qui pourraient fragiliser les muqueuses, se brosser les dents (car cela peut faire saigner les gencives), même chose pour des soins dentaires ;
- faire un dépistage régulier pour le VIH (tous les 3 mois en cas de vie sexuelle très active avec nombreux partenaires) ;
- traitement d’une personne séropositive : le risque est réduit de façon considérable lorsque le traitement est pris correctement et que la charge virale est indétectable depuis plus de 6 mois ;
- limiter le risque d’infections par d’autres IST, notamment par le vaccin contre l’HPV et l’hépatite B, et par un dépistage régulier des IST.
Que faire en cas d’exposition au VIH lors d’une fellation ?
En cas d’exposition (rupture de préservatif, rapport non protégé, éjaculation buccale) si le partenaire est VIH positif connu, ou en cas de doute sur son statut sérologique, il faut se présenter (la personne exposée et le partenaire) rapidement aux urgences ou aux heures ouvrables dans un service hospitalier spécialisé dans la prise en charge des infections par le VIH :
- Si nécessaire, un traitement post-exposition est mis en œuvre dans les plus brefs délais afin de limiter le risque de développer la maladie. Le délai optimal est de 4 heures, et le maximum est de 48 heures.
- Si le rapport à risque date de plus de 48 heures, il faut faire un dépistage, via le médecin traitant ou une consultation de dépistage anonyme et gratuite (CDAG). Le test (méthode Elisa combinée) est réalisé 6 semaines après le rapport sexuel.
- En cas de traitement post-exposition, la sérologie doit être faite à 2 mois et 4 mois de l’exposition.
Il existe des tests rapides, les Trod, réalisés sur le simple prélèvement d’une goutte de sang par piqûre au doigt, et qui donnent un résultat dans un délai de 1 à 30 minutes.
À la différence des tests Elisa, ils sont utilisables dans un délai de 3 semaines après le rapport à risque. Ils sont réalisables en médecine de ville, dans les laboratoires et établissements de santé. Un arrêté du 16 juin 2021 fixe les conditions de réalisation de ces tests en milieu médico-social ou associatif et autres centres et établissements autorisés.