MST

Traitement de l’hépatite B

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À noter : depuis 1999, l'Organisation mondiale de la santé préconise de remplacer l'acronyme MST par IST (Infections sexuellement transmissibles) afin de signifier que, contrairement à une maladie, on peut être porteur d'une infection sans en présenter les symptômes.

Le traitement de l'hépatite B n'est pas systématique, car certains types de VHB se résorbent spontanément. Cela dépendra surtout de la forme de l'infection (aigüe, chronique, fulminante) déterminée grâce au diagnostic. Les progrès de la médecine, notamment les antiviraux, offrent des alternatives à la transplantation du foie qui reste le dernier recours en cas d'hépatite B chronique. Seul le vaccin préventif reste le meilleur rempart contre la maladie.

À chaque type d'hépatite B son traitement

Le traitement de l'hépatite B dépend surtout de la forme de celle-ci : aiguë, chronique ou fulminante.

Hépatite B aiguë classique

La prise en charge de l'hépatite B aiguë repose sur les consignes suivantes :

  • repos ;
  • abstention de toute consommation d'alcool ;
  • éviter les médicaments toxiques pour le foie (demander l'avis de son médecin ou de son pharmacien avant de prendre un médicament) ;
  • dépister l'entourage du patient et traiter les personnes qui sont positives au virus de l'hépatite B.

À noter : les traitements antiviraux classiques ne sont pas indiqués dans le cas d'une hépatite B aiguë.

Hépatite B chronique

Si le diagnostic d'hépatite B chronique est posé, les traitements permettront de :

  • diminuer le risque de l'atteinte hépatique ;
  • prévenir la transmission de l'hépatite B.

Hépatite B fulminante

L'hépatite B fulminante constitue la forme la plus grave et urgente de VHB. Il s'agira dans ce cas de :

  • traiter les symptômes liés à l'atteinte hépatique ;
  • proposer en urgence une transplantation hépatique.

Quand et comment traiter l'hépatite B ?

Autrefois, le traitement de l'hépatite B était limité à l'interféron. Mais grâce aux progrès en matière de lutte contre les virus, les médecins ont actuellement un plus grand choix thérapeutique. Le traitement de l'hépatite B repose aujourd'hui essentiellement sur le traitement antiviral appartenant à la classe dite des « inhibiteurs de la transcriptase inverse ».

Bon à savoir : tout patient présentant une hépatite B doit « impérativement » faire un dépistage du virus de l'hépatite D. L’enjeu est de diminuer les complications sévères, comme une cirrhose, une décompensation hépatique et un carcinome hépatocellulaire.

Quand traiter ?

La réplication virale, c'est-à-dire la multiplication du virus, est une condition essentielle, mais non suffisante pour enclencher un traitement. Cela signifie qu'une hépatite, sans activité du virus, ne sera pas traitée.

Il existe actuellement 3 critères sur lesquels les médecins se basent pour décider de traiter ou non le virus :

  • le niveau de réplication du virus de l'hépatite B : très actif ou sans signe d'activité ;
  • le niveau d'atteinte rénale : grâce à un bilan biologique hépatique (ASAT, ALAT) ;
  • l'évaluation du degré de fibrose et d'activité virale du foie : à l'aide de l'échographie ou de la biopsie hépatique.

De même, en cas d’infection chronique (au-delà de 6 mois), une prise en charge adaptée et un traitement sont nécessaires « pour limiter le risque d’évolution vers la cirrhose et le carcinome hépatocellulaire et diminuer ainsi la morbi-mortalité ».

Traitement antiviral

Le traitement antiviral permet de :

  • lutter contre le virus ;
  • ralentir la destruction du foie.

On distingue différents types d'antiviraux :

  • lamivudine (inhibiteur de la transcriptase inverse) ;
  • telbivudine ;
  • adefovir ;
  • ténofovir (cet antiviral peut être proposé au 3e trimestre de la grossesse, jusqu’à 12 semaines après l’accouchement, afin de réduire le risque de transmission mère-enfant) ;
  • emtricitabine : molécule utile dans les co-infections hépatite B-sida, du fait de son activité sur les deux virus.

Interféron alpha-2b

L'interféron est une substance produite naturellement par le corps pour lutter contre les infections. Dans l'interféron alpha-2b, il a été modifié pour augmenter son efficacité. Les principales caractéristiques de ce traitement immunosuppresseur sont les suivantes :

  • Le traitement par interféron vise à éliminer définitivement le virus. Il est adapté quand on recherche un traitement de courte durée d'action (48 semaines).
  • L'interféron est prescrit 3 fois par semaine, par injection.
  • Comme le traitement antiviral, le traitement par interféron n'est donné qu'en cas :
    • d'activité avérée du virus dans le sang ;
    • ou d'atteinte hépatique (augmentation des transaminases ALAT et ASAT).
  • Ce traitement doit être précédé d’un dépistage (avec une vaccination en cas de sérologie négative) et une surveillance rapprochée.
  • Ce type de traitement n'est pas utilisé :
    • chez les toxicomanes ;
    • chez les alcooliques ;
    • chez les personnes ayant reçu une transplantation et dans un état avancé d'atteinte hépatique (cirrhose).
  • Le principal effet secondaire de l'interféron est son impact sur l'état mental du patient. Des cas de dépression et d'anxiété ont été signalés sous ce traitement. Il est donc important de les signaler à son médecin.

Le traitement par interféron de l'hépatite B permet de stopper le développement du virus dans 35 % des cas.

Bon à savoir : on considère un traitement comme efficace s'il permet d’arrêter la multiplication virale (évaluée par analyses sanguines) et d'améliorer l'état hépatique (retour à la normale du bilan hépatique biologique).

Transplantation hépatique

Si le foie a été sévèrement endommagé, la transplantation peut être la seule option, comme dans le cas d'une hépatite B fulminante. Lors de l'opération, le chirurgien enlève le foie endommagé et le remplace par un foie sain. En règle générale :

  • La plupart des transplants proviennent de donneurs morts, mais il existe un nombre plus restreint de donneurs vivants donnant une portion de leur foie.
  • Pour éviter toute contamination du foie greffé, il est nécessaire de prendre un traitement empêchant toute réimplantation de l'hépatite B sur le greffon.

Vaccin contre l'hépatite B

Le vaccin est obligatoire pour certaines populations : professionnels de santé, personnes transplantées, etc.

De plus, du fait de sa pénurie relative en France, certaines autres populations sont considérées comme prioritaires : partenaires sexuels de personnes atteintes, personnes sous dialyse, etc.

Bon à savoir : depuis le 1er septembre 2021, les laboratoires pharmaceutiques doivent constituer un stock de sécurité minimal de deux mois pour tous les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur destiné aux patients français. Cette obligation légale « s’inscrit dans la continuité de l’article 48 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020, du décret n° 2021-349 du 30 mars 2021 et du plan gouvernemental de lutte contre les pénuries de médicaments » (source : communiqué de l’Agence nationale de sécurité du médicament – ANSM).

Les professionnels habilités à pratiquer le vaccin contre l'hépatite B sont :

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