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Lymphogranulomatose vénérienne

Sommaire

La lymphogranulomatose vénérienne est une infection sexuellement transmissible due à certaines variétés de la bactérie Chlamydia trachomatis. Rare dans la population générale, elle affecte surtout les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Elle peut être associée à d’autres MST, en particulier le VIH. Il est crucial de dépister précocement cette maladie et de la traiter par des antibiotiques, à la fois pour prévenir les complications de l’infection, mais aussi pour limiter la propagation de la maladie.

Causes et épidémiologie de la lymphogranulomatose vénérienne

La lymphogranulomatose vénérienne, encore appelée le lymphogranulome vénérien ou la maladie de Nicolas-Favre, est une pathologie liée à l’infection par des bactéries de type Chlamydiæ.

Les variétés (sérovars) L1, L2 et L3 de Chlamydia trachomatis sont responsables de cette maladie, différente de celle provoquée par les autres types de Chlamydia.

Cette infection fait partie des maladies sexuellement transmissibles, et peut se transmettre d’individu à individu selon trois modes :

  • par voie sexuelle ;
  • par voie anale ;
  • par voie orale.  

Bon à savoir : devenue rare dans les pays développés à la fin des années 60, elle a refait son apparition et est actuellement en augmentation, en particulier chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, où elle peut être associée avec le VIH (Virus de l’Immunodéficience Humaine). Par ailleurs, la maladie est endémique en Afrique, en Inde, en Asie du Sud-Est et dans les Caraïbes.

Symptômes de la lymphogranulomatose vénérienne

Plus de 50 % des personnes porteuses de la bactérie responsable de la lymphogranulomatose vénérienne ne présentent aucun symptôme (asymptomatiques) et peuvent ainsi transmettre l’infection sans le savoir.

Pour les autres personnes, l’infection évolue en trois phases, après une période d’incubation de 2 à 60 jours (entre 20 et 25 jours en moyenne) :

  1. Le stade primaire est très court et correspond à l’apparition d’un bouton, d’une vésicule ou d’une lésion cutanée indolore, localisée au niveau du gland, du vagin, des lèvres, de l’urètre, du rectum ou du col de l’utérus. Plus rarement, des lésions buccales sont observées.
  2. Le stade secondaire survient 1 à 2 semaines après la phase primaire et comprend des adénopathies (gonflements douloureux des ganglions), parfois appelés bubons, situés au niveau de l’aine ou des plis fémoraux. Ces bubons peuvent aller jusqu’à rejoindre la peau (fistulisation) et se perforer pour que le pus s’écoule à l’extérieur. Parallèlement, des douleurs et une fièvre apparaissent.
  3. Le stade tertiaire est l’évolution de l’infection non traitée. Les bubons peuvent laisser la place à d’importantes cicatrices. L’infection peut devenir chronique et provoquer un rétrécissement du rectum et de l’anus. Chez les femmes principalement, la maladie peut évoluer vers un syndrome génito-ano-rectal, avec des atteintes irréversibles de la vulve, voire des colites (inflammation de l’intestin). Grâce au dépistage et aux traitements, ce stade est devenu rare aujourd’hui.

Bon à savoir : dans les pays occidentaux, la forme clinique la plus observée chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes est une rectite (inflammation du rectum), accompagnée de douleurs rectales, de constipation et d’un écoulement purulent.

Diagnostic de la lymphogranulomatose vénérienne

Les symptômes de la lymphogranulomatose vénérienne peuvent passer inaperçus ou être proches de ceux d’autres MST, ce qui rend difficile le diagnostic.

Des examens spécifiques sont généralement nécessaires pour confirmer le diagnostic et mettre en place le traitement adapté :

  • des analyses bactériologiques du pus prélevé sur un bubon ou ponctionné lors d’une biopsie (recherche de Chlamydia trachomatis par des techniques de biologie moléculaire) ;
  • des analyses sanguines pour mettre en évidence des anticorps dirigés contre Chlamydia trachomatis (sérologies).

Les autres MST sont recherchées de manière systématique.

Bon à savoir : un dépistage régulier peut être proposé chez les individus ayant des comportements sexuels à risque, même s’ils ne ressentent aucun symptôme.

Traitement de la lymphogranulomatose vénérienne

La lymphogranulomatose vénérienne est une infection bactérienne, qui peut donc être traitée par des antibiotiques efficaces sur Chlamydia trachomatis :

  • la doxycycline pendant 21 jours ;
  • l’érythromycine pendant 21 jours, en cas de contre-indication à la doxycycline (allergie, enfants, femmes enceintes ou allaitantes).

À noter : chez les hommes ayant des relations avec les hommes, l’administration dans les 72 heures après un rapport sexuel de doxycycline semble efficace pour réduire de plus de deux tiers la transmission de Chlamydia trachomatis.

Par ailleurs, les lésions cutanées et ganglionnaires doivent parfois être traitées par des interventions chirurgicales.

Les patients doivent être suivis médicalement jusqu’à leur complète guérison (entre 3 et 6 semaines), pour prévenir tout risque de rechute. Ils restent contagieux pendant toute la durée du traitement et ne doivent donc pas avoir de rapports non protégés durant cette période (utilisation de préservatifs).

Bon à savoir : les partenaires sexuels des patients (dans les 2 mois précédant l’apparition de l’infection) doivent être informés du diagnostic, examinés, dépistés et traités si besoin.

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