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Papillome

Mis à jour le 15/05/2023

Temps de lecture estimé à 5 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Un médecin en consultation
© Thinkstock
Types de MST

Sommaire.

  1. Qu’est-ce qu’un papillome ?
  2. Qu’est-ce-que le papillomavirus (HPV)?
  3. Quel est l’aspect d’un papillome ?
  4. Papillome : diagnostic et traitement

Un papillome est une tumeur bénigne qui se développe sur la peau, les muqueuses et les voies urinaires. Elle est reliée à certains sous-types du Papillomavirus humain (HPV). Tout ce qu’il faut savoir sur cette affection dans la suite de notre article.

Qu’est-ce qu’un papillome ?

Un papillome est une tumeur bénigne localisée sur les épithéliums malpighiens et urinaires, couches cellulaires bordant la peau et certaines muqueuses de l’organisme. Le papillome peut se localiser sur la peau, les muqueuses des voies respiratoires hautes, et le système urinaire.

C’est une tumeur souvent reliée au virus HPV (Papillomavirus). Son voisin est le condylome, tumeur bénigne comparable au papillome située sur la sphère ano-génitale. Le condylome est aussi transmis par le virus HPV.

Qu’est-ce-que le papillomavirus (HPV)?

Définition du papillomavirus

Le papillomavirus est un groupe de virus qui affectent les épithéliums malpighiens, revêtements des muqueuses et de la peau. La transmission du virus se fait par contact direct de muqueuse à muqueuse et de peau à peau : rapports sexuels, baisers, etc. La contamination peut être asymptomatique, ainsi on peut être porteur sain du HPV, c’est-à-dire être contagieux sans avoir de symptômes.

On considère que 80 % de la population active sexuellement a porté le HPV au cours de sa vie. La durée d’incubation est variable, de quelques semaines à plusieurs mois voire plusieurs années. Le plus souvent, le système immunitaire s’en débarrasse sans séquelle.

Le virus HPV affecte particulièrement les zones génitale et anale, il est à l’origine des condylomes. Il touche aussi fréquemment la zone ORL : l’infection à HPV est devenue l’étiologie principale des carcinomes de l’oropharynx devant les intoxications alcooliques et/ou tabagiques.

Sous-types d’HPV et cancer

On compte 150 sous-types d’HPV identifiés par des numéros, chaque sous-type donnant des lésions spécifiques :

  • HPV 7 et verrues de la peau ;
  • HPV 6 et 11, les plus fréquents, donnent les papillomes buccaux ;
  • certains (une vingtaine) sont reliés à des lésions cancéreuses, on parle des HPV oncogènes (les génotypes 16 et 18 sont les plus oncogènes).

Le virus HPV occasionne 100 % des cancers du col de l’utérus ainsi que certains cancers du vagin, du scrotum, du pénis et de l’anus. Par ailleurs, 52 % des cancers de la cavité buccale, du larynx et de l’œsophage sont liés au papillomavirus (l’HPV16 étant responsable de 85 % des cancers ORL HPV induits).

Il existe un vaccin contre l’HPV destiné à prévenir l’apparition du cancer du col de l’utérus, le Gardasil 9® (vaccin qui agit sur 9 souches de HPV sur les 150 existantes). Il s’adresse aux adolescentes âgées de 11 à 14 ans n’ayant jamais eu de rapports sexuels (avec un rattrapage jusqu’à 19 ans), ainsi qu’aux hommes homosexuels âgés de moins de 26 ans et aux sujets immunodéprimés. Par ailleurs, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande d’étendre la vaccination anti-papillomavirus (anti-HPV) aux garçons de 11 à 14 ans (là aussi avec un rattrapage jusqu’à 19 ans). Intégrée au calendrier vaccinal de 2020, cette vaccination est remboursée à 100 % depuis le 8 décembre 2020 (en vertu d’un arrêté publié dans le « Journal officiel » du 4 décembre).

Les professionnels habilités à pratiquer le vaccin contre les papillomavirus humains sont :

  • les médecins ;
  • les infirmiers pour les personnes de 16 ans et plus pour lesquelles cette vaccination est recommandée dans le calendrier des vaccinations en vigueur, depuis le 24 avril 2022 sans prescription médicale préalable de l’acte d’injection (décret n° 2022-610 du 21 avril 2022) ;
  • les sages-femmes, qui peuvent prescrire et administrer le vaccin aux femmes pour lesquelles il est recommandé, aux nouveau-nés, et aux personnes de l’entourage de l’enfant ou de la femme enceinte pour lesquelles il est recommandé (décret n° 622-611 du 21 avril 2022) ;
  • les pharmaciens, pour les personnes de 16 ans et plus pour lesquelles cette vaccination est recommandée dans le calendrier des vaccinations en vigueur (loi n° 2018-1203 du 22 décembre 2018 de financement de la sécurité sociale pour 2019).
Bon à savoir

À partir de la rentrée scolaire 2023, les collégiens, filles ou garçons, en classe de 5e, ont la possibilité de se faire vacciner gratuitement contre les cancers liés aux papillomavirus humains.

Quel est l’aspect d’un papillome ?

Un papillome forme une excroissance de petite taille. Au niveau d’une muqueuse, il revêt un aspect framboisé. Sur la peau, il s’agit de la fameuse verrue. Dans la bouche, il ressemble à de petites papules rosées ou blanchâtres localisées sur les lèvres, la langue, l’intérieur des joues ou le palais.

Le papillome peut siéger au niveau du sein, à l’intérieur des canaux galactophores : c’est la papillome intracanalaire. Il est responsable d’un écoulement jaunâtre ou sanglant par le mamelon. Lorsqu’il est situé dans la vessie, il s’agit d’un papillome urothélial. C’est une tumeur rare.

Bon à savoir

Le papillome peut être unique ou multiple, en particulier dans les fosses nasales et le larynx. On parle alors de papillomatose.

Papillome : diagnostic et traitement

Le diagnostic est clinique dans les formes cutanées typiques (verrues) mais, en dehors de ces cas, une analyse anatomo-pathologique sur biopsie est nécessaire pour vérifier la bénignité de la lésion et identifier le génome de l’HPV. L’identification du génome du virus vise à évaluer le potentiel de transformation cancéreuse en fonction du type d’HPV.

Le papillome évolue lentement, ne récidive pas après son ablation chirurgicale, et ne donne pas de métastases. Néanmoins, à l’instar des condylomes, certains papillomes des voies aériennes et urinaires (papillome transitionnel vésical) constituent des lésions précancéreuses, qui peuvent évoluer vers un carcinome épidermoïde.

Aucun traitement ne peut guérir l’infection par le virus HPV. En règle générale, les papillomes de même que les condylomes, guérissent spontanément sans traitement après une durée de 18 mois (c’est le cas des anomalies à HPV de type 1 et de 70 % des anomalies à HPV de type 2). Toutefois leur disparition n’est pas synonyme de guérison de l’infection par le virus. Pour y remédier, on procède à une ablation chirurgicale en cas de gêne ou de doute sur la bénignité. Dans le carcinome galactophore, lorsque l’abstention thérapeutique est préférée, une surveillance radiologique est instituée.

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